Chalon et L’Egypte

Les informations du musée Vivant Denon

Travail effectué par les élèves du Club Egypte en collaboration avec le musée Vivant Denon.

Préambule

Ce diaporama est le fruit d’une collaboration entre le collège Pasteur de Saint-Rémy et le musée Denon de Chalon-sur-Saône. Les élèves du Club Egypte vont vous présenter le lien historique très fort qui existe entre Chalon-sur-Saône et l’Egypte. Ils ont ainsi eu accès aux collections du musée et l’autorisation d’en photographier certaines pièces. Les élèves se sont aussi appuyés sur de nombreux ouvrages dont vous trouverez les références à la fin du diaporama.

Ce travail comprend deux parties :
Des chalonnais ont participé à la découverte de l’Egypte ancienne.
Chalon-sur-Saône, une ville marquée par l’Egypte ancienne.
Nous vous souhaitons un bon voyage.

Dominique Vivant Denon

Né à Chalon-sur-Saône en 1747, il quitta cette ville pour aller étudier à Paris.
Devenu diplomate, au service des rois Louis XV puis Louis XVI, il voyagea beaucoup en Europe (Russie, Suisse, Italie...) et fit de nombreuses rencontres.
Ce personnage cultivé était doté de talents divers : dessinateur, graveur, écrivain, lithographe, archéologue, collectionneur...
En 1798-99, il participa à l’expédition d’Egypte conduite par Napoléon Bonaparte. Ce voyage dont il avait longtemps rêvé, fut très important pour sa carrière et pour la redécouverte de l’Egypte ancienne.
De retour à Paris, Denon rédigea et publia en 1802 ’’le Voyage dans la Basse et la Haute Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte ’’. Cet ouvrage fut un très grand succès.
Nommé directeur général des musées, Denon fut le véritable ministre des arts de Napoléon et l’organisateur du musée Napoléon ( actuel musée du Louvre) .
En 1815, à la chute de l’Empire, il présenta sa démission au roi Louis XVIII et se retira dans son appartement parisien où il mourut, couvert d’honneurs et baron d’Empire.
Il fut enterré au cimetière du père Lachaise.

Denon en Egypte

Grâce à l’appui de Joséphine de Beauharnais, Denon quinquagénaire participa à l’expédition d’Egypte : campagne militaire mais aussi aventure scientifique conduite par le général Bonaparte.

Denon découvrit l’Egypte en suivant les armées, surtout celle du général Desaix qui pourchassa Mourad-Bey et ses Mamelouks* jusqu’en Haute Egypte (l’Egypte était alors une possession turque). Pendant treize mois, résistant à la fatigue et au climat, il couvrit ses carnets de voyage de centaines de croquis et de notes.

DENON raconte son voyage en Egypte

De retour à Paris, il rédigea ses souvenirs, grava les planches d’illustration et publia en 1802 son « Voyage dans la Basse et la Haute Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte ».
Cet ouvrage en deux volumes (un de textes et un de planches) est un véritable journal de campagne qui montre et raconte tout ce que Denon a vu en Egypte.
Traduit en plusieurs langues, il rencontra beaucoup de succès et contribua à la naissance de l’égyptologie* et au développement de l’égyptomanie* en Europe.

Découvrez quelques planches...

Vue d’Alexandrie
Une vue générale d’Alexandrie, prise des galeries du minaret de la mosquée de S.-Athanase. Elle présente le grand port dans tout son développement, les deux châteaux du grand et du petit Pharillon, qui terminent les deux bouts du demi-cercle : en se rapprochant à droite, les ruines du palais des Ptolomées*, le palais des Arabes, où sont les bains, la ville moderne, bâtie sur le remblaiement qui a joint l’isle du Phare à la terre ferme, espace appelé autrefois Hepta stadium, et à gauche, une partie du vieux port : sur le devant, les ruines d’une partie de la circonvallation* arabe, autrefois le Serapeum.

Bataille des Pyramides
« Bataille des Pyramides. Ce tableau représente le moment de la double action, où deux corps de Mamelouks font chacun une sortie : l’un sur les divisions Dugua, Desaix, et Reynier ; l’autre sur le bataillon commandé par le général Rampon (voyez dans le journal le récit de la bataille, page 26). J’ai tâché de donner l’image d’une charge de Mamelouks, dont j’ai été plusieurs fois témoin, et dont la rapidité, l’abandon, le dévouement, et la bravoure chevaleresque, m’ont toujours frappé ; j’ai voulu rendre aussi l’effet de la mitraille sur cette cavalerie, qui venoit la braver jusqu’à la bouche du canon ; j’ai fait voir les serviteurs à pied à travers les combattants, leur manière d’emporter les blessés, de les éloigner du combat ; les chameaux portant les cartouches, et les instruments guerriers ; les palmiers avec leurs fruits, comme ils étoient à cette époque, et jusqu’à la gerçure produite par l’inondation et l’ardeur du soleil ; enfin tout ce qui caractérise le pays, et contribue à lui donner une physionomie particulière. Le fond contient tout ce que le vaste horizon offre d’intéressant : à droite de l’estampe, est la route qui conduit à Suez et en Asie, où l’on voit le corps d’Ibrahim-bey ; la ville du Caire, au pied du Mokattan, ou l’extrémité de la chaine arabique ; le grand aqueduc, qui arrive jusqu’au vieux Caire, sur le bord du fleuve Boulac : plus en avant, le Nil, avec les isles de Raoudhah, de Boulac, et du Lazaret ; le vaisseau amiral de la flotte de Mourat-bey, auquel il fit mettre le feu pendant le combat : de l’autre côté du Nil, Djyzeh, la maison de Mourat-bey, la plaine et les pyramides de Ssackarah ; l’espace entre elles et celles de Djyzeh, qui est l’emplacement qu’occupoit Memphis ; et en dernière ligne, le Mont-Libyque, dont la chaîne gît du sud au nord jusqu’aux pyramides de Djyzeh, et d’où, changeant tout-à-coup de direction à l’ouest, elle va se perdre dans les déserts de Barca. »

Le Sphinx près des Pyramides
« Profil du Sphinx, qui rend compte de son état de destruction et du caractère de cette figure dans les parties qui en sont conservées : les personnages vivants servent d’échelle de proportion ; celui qui est au-dessus de la tête et que l’on aide de la main sort d’une excavation étroite, terminée par des décombres et qui n’a plus que neuf pieds de profondeur. Des échancrures taillées d’espace en espace dans les parties latérales de cette excavation y servent d’échelons pour monter et descendre dans ce trou, dont l’usage est resté dans la nuit du mystère ; le monument que l’on aperçoit derrière est une espèce de tombeau dans le genre des petites pyramides, mais si dégradé qu’il est difficile d’en rendre compte autrement que par la forme existante de sa ruine. »

Mosquée près de Rosette
« Une mosquée*, avec plusieurs santons ou tombeaux situés au nord de Rosette ; le mur à hauteur d’appui, qui est dans le milieu de l’estampe*, sert de chaussée, lors de l’inondation, pour communiquer des habitations au Nil : dans le fond est l’île Baschi. »

Entrée de Louxor
« L’entrée du village de Louxor : quel mélange de mesquinerie et de magnificence ! quelle échelle des siècles pour l’Egypte ! quelle grandeur et quelle simplicité dans ce seul détail ! il me parut tout à la fois le tableau le plus pittoresque et la pièce comparative la plus probante de l’histoire des temps ; jamais mon imagination et mes yeux n’ont été plus vivement frappés que par la vue de ce monument. (...) Les deux obélisques, de granit rose, ont encore 70 pieds hors du sol : à en juger par l’enfouissement des figures, il doit y avoir 30 pieds de recouverts, ce qui en donneroit 100 à ces monuments ; leur conversation est parfaite ; l’arête et le fuselé en est d’une pureté on peut dire inouie ; les hiéroglyphes, profonds et en relief dans le fond, sont d’une touche franche et d’un fini précieux : quelle trempe pour les outils d’une pareille sculpture sur une telle matière ! que de temps pour le travail ! quelles machines pour tirer de si énormes blocs de la carrière, pour les transporter, pour les dresser ! tout faits, ils coûteroient des millions pour les changer de place. Les deux colosses du même granit sont dégradés, mais les parties conservées annoncent qu’ elles ont été terminées de la manière la plus soignée : on y peut remarquer que l’usage de percer les oreilles étoit connu des Egyptiens ; celles de ces figures en ont l’empreinte. Les deux grand môles qui formoient la porte sont couverts de sculptures, représentant des combats avec des chariots en lignes, montés de deux chevaux et d’un seul conducteur.(...) »

Les ruines d’Hiéraconpolis
« Les ruines d’Hiéraconpolis : elles consistent en une seule porte, fort dégradée, et d’une forme peu intéressante à conserver ; autour de ce vestige isolé on ne voit que quelques chapiteaux très frustes, quelques fragments de granit sans forme, et une grande quantité de matoni, qui annoncent l’antique existence d’une ville considérable. Comme tout cela ne pouvait former qu’un triste tableau, j’ai ajouté quelques groupes de tout ce qui formait mon train à l’époque de sa grande magnificence, mon serviteur, mon petit nègre, mon cheval, mon âne, et mon pliant portatif qui composait à lui seul l’établissement de mon atelier ; je me suis représenté avec toutes les ruines de mon costume, suite inséparable de mes marches continuelles, de la perte de mes équipages et du peu de soin et de temps que j’avais à donner à ma personne ; occupé de mes dessins et de mon journal, je ne soignais qu’eux ; je n’ai jamais quitté mon portefeuille, je le portais partout, et la nuit il me servait d’oreiller, sur la fin du voyage, son poids avait considérablement augmenté : celui de mon necéssaire, semblable à celui de Robinson, était composé de deux pistolets à deux coups, d’un sabre, de quelques charges de balles, d’une ceinture où il y avait cent Louis d’or, pour me faire porter à la suite de l’armée en cas que je fusse blessé, d’une cuillère, d’une fourchette et d’un gobelet d’argent, de papier à dessiner et à écrire, ce que je faisais presque chaque fois que dans les marches l’on laissait respirer un moment l’infanterie : car c’est ainsi que j’ai fait mon journal et mes dessins, pour qu’ils eussent, sinon le mérite de la pureté, au moins la naïveté du moment et la vérité de la nature. »

Intérieur du temple d’Apollinnopolis, à Edfou
« Vue de l’intérieur du grand temple d’Apollinnopolis, prise de dessous le portique entre les deux premières colonnes de gauche. Cette vue donne une idée de l’intérieur de ce monument, de sa magnificence, de la recherche de son exécution, de ses plates- bandes et de ses architraves, de la beauté et de la variété des chapiteaux, des colonnes, de leurs atterrissements progressifs causés par l’amoncellement des ordures et des décombres des maisons de ceux qui s’y logent encore ; ces atterrissements, l’ouvrage des siècles, sont produits par de chétives fabriques construites et détruites successivement sur le comble du temple et dans la cour qui est entre le portique et la porte d’entrée, qui forme le second plan de cette vue ; dans le fond sont les ruines de l’ancienne ville, qui recouvertes de sable forment maintenant des monticules qui dominent le temple de l’ouest. »

Vue des temples de l’île de Philae
« Partie nord de l’île de Philae, avec le developpement de tous ses monuments (...) : on peut être étonné de trouver sur la frontière d’Ethiopie un grand nombre de monuments de cette magnificence, aussi bien conservés après tant de siècles. »

Femme d’Egypte dans le harem
« J’ai dessiné celle-ci d’après nature ; voyez dans le journal la circonstance qui m’en a fourni l’occasion : elle est mise à l’angle d’un divan, coiffée, et couverte de schals ; près d’elle est un éventail de plumes, et ses sandales au bas du divan. »

Fragment d’une momie
« Fragment d’une momie, que j’ai trouvé dans les tombeaux des rois à Thèbes ; [...] L’élégance, la délicatesse et la perfection de ses formes ne laissent pas douter que ce ne fût le pied d’une jeune fille adulte ; son pouce relevé, son premier doigt allongé, le petit doigt remonté, la courbure élégante du cou-de-pied, sa virginale conservation, l’intégrité de ses ongles, annoncent que celle à qui tout cela appartenait était un personnage distingué, dont le pied n’avait jamais été fatigué par de longues marches, ni froissé par aucune chaussure ; on peut s’apercevoir encore que les ongles étaient teints avec le héné, de la même manière dont les femmes d’Egypte se teignent encore aujourd’hui, non seulement les ongles, mais le dessous des pieds et le dedans des mains. »

Trois têtes d’Arabes
« Trois têtes d’Arabes. J’ai pensé qu’une suite de têtes des différentes nations qui habitent l’Egypte pouvoit intéresser la curiosité des observateurs ; ces têtes, dessinées rapidement et sans avoir fait poser les personnages, ont conservé la naïveté du caractere, qu’elles auroient peut-être perdu en acquérant plus de fini ; la difficulté de lire dans de si légeres esquisses, à qui n’a pas vu les modeles, m’a déterminé à graver moi-même ces têtes avec liberté avec laquelle elles ont été dessinées.
Ces trois personnages étoient frères, des plus riches et des plus puissants de Kéné, fort raisonnables et fort intelligents ; ils s’étoient fort attachés à nous, et venoient continuellement nous communiquer leurs idées sur leur conduite personnelle, et nous aviser sur ce qui pouvoit nous être plus avantageux : j’allois journellement dans leur maison, et j’y ai mangé plusieurs fois familièrement, arrivant au moment du repas ; sans interprete nous étions parvenus à tout entendre, et à établir entre nous gaieté et cordialité : celui du milieu, que j’aimois davantage, me dit que pour être plus libres ensemble il falloit que nous établissions une parenté : je lui proposai d’être son père ; il accepta avec attendrissement, et, se rangeant dès-lors à son devoir, il prit le prétexte de m’envoyer à tout moment quelque galanterie, comme des fruits tant qu’ils étoient rares, des parfums, du café exquis et qu’ on ne pouvoit trouver ailleurs ; il acceptoit en retour avec beaucoup de grace des choses de nulle valeur, me disant toujours que je ne lui devois que protection et tendresse. L’esprit délicat dicte le bon ton et les mêmes manières en Afrique comme dans les cours les plus recherchées de l’Europe. »

Portrait du pacha
« Portrait du pacha* qui commandoit les troupes turkes au débarquement à Aboukir, en l’an 7, et qui fut fait prisonnier à la bataille du 7 thermidor ; blessé au bras gauche, et voyant la déroute totale des siens, il se précipita sur celui qui la causoit, et blessa le général Murat d’un coup de pistolet. »

Le rat de Pharaon
« L’ichneumon, connu aussi sous le nom de rat de Pharaon, de la famille des mangoustes ; il se tient dans les marais, près des villages, dont il va dérober les poules et les oeufs : j’en ai vu de la grosseur d’une loutre et du même poil. L’individu que j’ai dessiné étoit jeune. Ce que l’on raconte de l’antipathie de l’ichneumon et du crocodile, que le premier non seulement mange les oeufs de l’autre, mais que, lorsqu’il dort la bouche ouverte, il franchit son gosier et va lui dévorer les intestins, est une des nombreuses fables ridicules que l’on fait du crocodile : ces deux animaux n’ont jamais rien à démêler ensemble ; ils n’habitent point les même parages ; on ne voit point de crocodiles dans la basse Egypte ; on ne voit point d’ichnemon dans la haute. »


Sauterelle du désert, la plaie de l’Egypte

« La sauterelle du désert, la plaie de l’Egypte. Elle ne doit point être confondue avec les autres sauterelles grises, dont les champs, et particuliérement ceux de la Basse Egypte, sont couverts, sans qu’elles y causent aucun désastre : celles-ci, couleur de rose et noir, de la même grandeur de l’estampe, sont vraiment un fléau ; elles sortent du désert, passent et ravagent comme un torrent dévastateur. Je ne puis juger si dans une saison où elles auroient trouvé pâture elles se seroient fixées davantage ; mais, dans la saison séche où je vis arriver la colonie, elles avaient l’inquiétude et l’instabilité de la faim qui ne trouve rien à dévorer ; sauvages comme le pays d’où elles sortent, elles sont sèches et vigoureuses comme les autres habitants du désert. »

Vieillard aveugle
« Un troisième manuscrit ; il m’a été communiqué par le citoyen Amelin : il n’a de particularité que le costume du sacrificateur, qui paroît être un guerrier ; sa coiffure surmontée, et traversée par un couteau ; sa robe transparente , par-dessus laquelle est une peau de tigre, qui indiqueroit un militaire ; il présente un vase dont il semble qu’il sort une flamme. On peut remarquer encore dans ce manuscrit, dont l’écriture est plus grosse et plus soignée, la différence des caractères d’inscription qui sont au-dessus du tableau, et le caractère cursif du reste du manuscrit. Pour prendre raison des couleurs de ces tableaux j’ai pris de même le parti d’exprimer dans la gravure les couleurs par les tailles, en avertissant le lecteur que la taille horizontale indique le rouge, la taille verticale le bleu ; la taille inclinée le vert, et pour le noir une taille croisée. »

François CHABAS
Né le 2 janvier 1817 à Briançon, il s’installa véritablement à Chalon- sur-Saône en 1837.
Ce Chalonnais d’adoption mena deux vies en parallèle : celle de commerçant (et même de président de la chambre de commerce) et celle d’égyptologue passionné.
Il apprit seul de nombreuses langues : anglais, latin, grec, allemand, italien, espagnol, hébreu, copte et surtout les hiéroglyphes (à partir de 1852).
Il put alors traduire de nombreux textes : sa traduction du Papyrus Prisse (le plus ancien livre du monde) fut à l’origine de sa renommée.
La qualité des publications de Chabas (une cinquantaine) fit de Chalon-sur-Saône un grand centre d’égyptologie au XIXème siècle.
Il mourut dans cette ville en 1882 sans être jamais allé en Egypte.

Lieux rappelant l’Egypte ancienne

Place de l’obélisque
Cet obélisque fut érigé au bord du bassin de Gloriette à la fin du XVIIIème siècle (1788).
En fait, ce monument n’est pas un véritable obélisque : c’est un assemblage de pierres surmonté d’un pyramidion alors qu’un obélisque ne comporte qu’un seule pierre (un monolithe).
N.B : Le bassin de Gloriette communiquait avec le canal du centre (oeuvre d’Emiland Gauthey, ingénieur en chef des Etats de Bourgogne 1732-1806). Les plaques apposées à la base de l’obélisque rappellent le souvenir de ce grand constructeur.

Pont Saint-Laurent
Un pont fut construit sur ce site dès l’époque romaine.
Il fut reconstruit en pierre au XVe siècle et élargi par Emiland Gauthey au XVIIIe siècle. Les piles furent surmontées de huit obélisques (du même type que celui de la place de l’obélisque). Détruit en 1944, le pont fut reconstruit vers 1950.
Quatre obélisques rappellent le pont de Gauthey.

Square Chabas
Dans ce jardin, la société d’histoire et d’archéologie de Chalon fit ériger un monument en 1899.
Le buste de Chabas (en bronze à l’origine) repose sur une colonne ornée de textes en hiéroglyphes à la gloire de l’égyptologue.
A la base de la colonne, un sphinx (copie de celui du musée du Louvre) et un pyramidion sculptés rappellent aussi l’Egypte ancienne.

Inscriptions en hiéroglyphes
Elles ornent les 2 faces latérales du monument à la gloire de Chabas et furent composées par Phillipe Virey (un autre égyptologue).

« L’an 1899 du seigneur, ce monument fut érigé en bronze et bonne pierre blanche, pour faire vivre le nom de François Chabas, le savant habile dans les écritures des hommes d’Egypte d’autrefois. »

« Il monta au ciel pour suivre Dieu l’an 1882 du seigneur. Sa durée de vie sur terre avait été 65 ans. A présent ses concitoyens lui ont érigé ce monument avec le concours des savants habiles de tous les pays étrangers du Nord et du Midi, pour faire vivre son nom éternellement. »

Ecusson de Chabas
On peut voir cet écusson à l’arrière du monument à la gloire de Chabas.
La lettre « C » de Chabas occupe le centre d’un naos* bordé de deux uraeus*.
La légion d’honneur et deux décorations étrangères reçues par Chabas sont suspendues à des tiges de lotus et de papyrus.
« Labor », la devise de Chabas, figure sur une banderole au bas de cet écusson dessiné par Emile Prisse d’Avennes.

Chalon a été la ville de naissance ou d’adoption d’égyptologues réputés auxquels les Chalonnais ont rendu hommage : - un musée et une rue portent le nom de Denon, - un square porte celui de Chabas,

Allons découvrir le musée Denon

Musée Denon
Inauguré officiellement en 1866, il s’appela « musée Denon » à partir de 1895.
Il fut installé dans un ancien couvent des Ursulines construit au XVIIIème siècle dont la façade fut modifiée dans un style néo-classique.
Le rôle de Jules Chevrier (premier directeur de ce musée) fut déterminant dans la constitution des différentes collections.
Dans notre cédérom, nous ne nous intéresserons qu’aux collections d’égyptologie et à une peinture du XIXe siècle, révélatrice de la mode de l’Egypte.

Pot à kohol
Ce petit pot ( 3 cm de hauteur ) de forme ovoïde est un récipient en pierre utilisé pour le kohol ( ou khôl ), fard à sourcils et à paupières.
Il date du début du IIème millénaire avant Jésus-Christ et fut donné au musée en 1939 par Madame Terrier.

Fragment de papyrus
Ce fragment de papyrus est un extrait du Livre des Morts qui provient de la tombe de Ramès.
Les hiéroglyhes peints en noir et en rouge racontent que le défunt se transforme en hirondelle et en serpent « fils de la Terre ».
Ce fragment de papyrus datant du milieu du IIème millénaire avant JC fut offert par Chabas au musée en 1880.

Stèle de Sat Imen
Sat Imen, la chanteuse d’Amon, dieu suprême de Thèbes, est ici en adoration devant le dieu Horakhti (Horus à l’ horizon) àtête de faucon, un aspect du soleil levant.
Haute de 22 cm et datant de la fin du II ème millénaire avant J-C, cette stèle en bois peint fut offerte au musée par Chabas en 1880.

Bouchon de vase canope
Les vases canopes étaient utilisés pour protéger les viscères des corps momifiés.
Le bouchon de ce vase à la forme de la tête d’Amsit, le seul fils d’Horus à figure humaine.
Haut de 12 cm et taillé dans l’albâtre, ce bouchon date du Ier millénaire avant J-C
Il faisait partie de la collection H-Soret qui fut donnée au musée Denon

Egyptomanie dans la peinture du XIXe siècle
Intitulé « Cléopâtre et l’esclave », ce tableau fut l’oeuvre d’Henri Blaise François Dejussieu qui le donna au musée Denon.
Près de Cléopâtre, dernière reine d’Egypte, se tient un serviteur nubien.
Cette peinture romantique ne montre pas la mort de Cléopâtre mais la suggère (le serpent et le vase canope au premier plan permettent de comprendre l’évènement qui va se produire).
Le mythe de Cléopâtre a inspiré de nombreux artistes et écrivains : c’est un des exemples les plus marquants de l’égyptomanie.

Lexique

- Circonvallation : Tranchée fortifiée, protégée par des palissades, établie par les assiégés pour se défendre des armées de secours.
- Egyptologie : Etude de l’Egypte ancienne.
- Egyptomanie : Toute forme d’engouement pour l’Egypte ancienne.
- Estampe : Image imprimée au moyen d’une planche gravée de bois ou de cuivre (eau-forte, taille-douce) ou par lithographie.
- Lithographie : inventée par Aloys Senefelder en 1786 en Allemagne, la lithographie est une technique d’impression qui permet la création et la reproduction à de multiples exemplaires d’un tracé exécuté à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire.
- Mamelouks : (en arabe mamluk « possédé ») sont les membres d’une milice formée d’esclaves, au service des califes musulmans et de l’empire ottoman, qui à de nombreuses reprises a occupé le pouvoir par elle-même.
- Mosquée : Edifice réservé au culte musulman.
- Naos : En Egypte, petite construction en bois ou en pierre abritant la statue de la divinité dans un temple.
- Pacha : Gouverneur d’une province de l’ancien Empire ottoman.
- Pastel : oeuvre exécutée au pastel (petit bâton de minerai tendre utilisé pour dessiner ou pour écrire).
- Ptolémées : Dynastie des Ptolémées (ou dynastie ptolémaïque ou Lagides) : dynastie pharaonique qui règna sur l’Egypte de -305 à -30.
- Uraeus : Figure de serpent cobra, protecteur des pharaons, qui le portaient sur leur coiffure.

Bibliographie - Sitographie

Livres :
- Dictionnaire « Le petit Larousse Illustré ».- 2004
- Dictionnaire « Hachette »
- Dictionnaire « Le Robert »
- Dictionnaire de la civilisation Egyptienne.- Rachet, Guy ; Rachet, M.F.- Larousse, 1968.- 255p.
- Harlé, Diane.- Egyptologie : collection du musée Denon.- Ministère de la culture, direction des musées de France.- 46p.
- Lambelet, Edouard.- Dieux et déeses de l’Egypte ancienne et comment les reconnaître.- - Lehnert & Landrock.- 23p.-
- Sollers, phillippe.- Le Cavalier du Louvre : Vivant Denon (1747-1825).- Gallimard, 1995 (folio).- 34
- Denon, Dominique Vivant.- Voyage dans la Basse et Haute Egypte pendant les Campagnes du général Bonaparte .- Gallimard, 1998 .- 350p.

Revues :
- TDC.- Bonaparte en Egypte.- n°380.- 27 avril 1995
- TDC.- La campagne d’Egypte n°865.- 1er décembre 2003.
Cédérom :
- Encarta 2004

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